La Saltarelle de Wavre: Stratégie, objectifs, positionnement

Il y a mille façons de concevoir et de pratiquer la danse traditionnelle.
On peut décider d'une activité de rue, démonstrations festives, ou d'une simple animation entre amis le samedi soir, ou s'inscrire dans un projet socio-éducatif. Après tout, il n'y a pas de bonnes méthodes, chacun choisit sa façon, en fonction de ses objectifs.

La Saltarelle a un objectif principal: le spectacle

Il s'agit donc de choisir une suite, dans une époque donnée, en relation avec l'histoire de la région (et cette histoire va du moyen-âge au début de ce siècle), de la chorégraphier avec l'aide indispensable de Marc Malempré , son chorégraphe attitré, de mettre au point par de fréquentes répétitions les pas, les mouvements d'ensemble, de fabriquer les costumes le plus fidèlement possible, à partir des documents d'époque, de fixer le lieu et la date du spectacle, de l'organiser et le présenter. Ainsi, d'années en années, de spectacles en spectacles, le répertoire s'enrichit.

Avantages et exigences du spectacle

Les spectacles, c'est à dire la sentence inéluctable du spectateur, impose une attitude d'excellence. Il constitue un but, avec une échéance précise et ce but est le point de convergence unique du travail de toute une année. Le calendrier des répétitions et mises au point sont donc contraignantes. Même si les dernières semaines sont bien entendu plus fébriles que les premières. Il en va de même pour la confection des costumes de scène. Le travail a une échéance implacable ce qui permet la mobilisation de tous pour respecter les delais.
Attitude d'excellence, puisque le but n'est pas seulement de s'amuser, (un travail exigeant mais librement consenti génère sans doute infiniment plus de satisfactions que ce qu'il est convenu d'appeler une bonne rigolade souvent au coins du bar), mais de présenter le résultat d'un travail, publiquement et donc de préter éventuellement le flan aux critiques. Le spectacle implique le jugement des autres, même non qualifiés en danses.

Les inconvénients du spectacle

Un spectacle, par définition, est fait pour plaire. Les acteurs, danseurs et musiciens vivent des applaudissement des spectateurs. Les bénévoles surtout y voient l'unique récompenses de leurs efforts. Le danger est donc pour plaire de faire des concessions à l'authenticité. D'en "remettre" pour provoquer la satisfaction des spectateurs, en suscitant des émotions "faciles". Ainsi, certaines troupes professionnelles des pays de l'Est, d'avant la chute du mur de Berlin, arrivaient à des prouesses acrobatiques qui n'étaient à la portée que de quelques athlètes sélectionnés. Nous doutons réellement que les danses populaires et villageoises, pratiquées à tous âges, et à toutes sortes d'occasions réelles de réjouissances, soient interprêtées authentiquement ainsi.
Par contre, si on devait par soucis d'authenticité, simuler les imperfections, comme elles se produisaient normalement, à ces occasions, par des danseurs non préparés et pas nécessairement tous doués, il n'y aurait plus matière à spectacle.
Il y a donc un compromis à trouver.

  • Respecter rigoureusement les pas de base et les figures de base et les exécuter simplement, avec un minimum de chorégraphie, au moins une fois avant de passer à des variations chorégraphiées.
  • Respecter, lorsque des documents historiques existent (peintures) les costumes de l'époques et de la région. Ce n'est pas toujours facile ni très théâtral. Le cas se présente en danses wallonnes populaires de la fin de XIXeme siècle. Comment étaient habillés nos proches ancêtres. Et bien n'importe comment. Pas de costumes traditionnels. De là, à adopter l'idée qu'on s'en faisait (sarau bleu, casquette) il y a un pas à ne pas franchir. Il y a donc reconstitution la plus honnête possible. Il est légitime de penser que les gens ne dansaient pas en costume de travail les jours de fêtes.